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La présence des "secrétaires d'Etat de facto" insupportable, affirment deux avocats
Deux avocats du barreau de Port-au-Prince, Camille Leblanc et Joël Petit-Homme, ont qualifié jeudi sur les ondes de Radio Kiskeya de "grave anomalie" la décision de l'Exécutif de maintenir en poste des secrétaires d'Etat "de facto" sans procéder à leur nomination régulière depuis l'investiture, début novembre, du Premier ministre Jean-Max Bellerive.
Me Leblanc a fait savoir que les secrétaires d'Etat ne disposent d'aucun mandat légal pour faire partie du gouvernement Préval/Bellerive, encore moins pour agir au nom du pays. Il appelle instamment les autorités compétentes à nommer par arrêté présidentiel les responsables gouvernementaux se trouvant en situation irrégulière.
Le juriste rappelle que la chute d'un chef de gouvernement entraîne automatiquement celle de tous les membres du cabinet ministériel.
Même point de vue de Me Petit-Homme. Il juge scandaleux que des membres de l'ancien gouvernement Préval/Pierre-Louis restent en fonction sans avoir la couverture légale d'un arrêté de nomination.
Déplorant cette manifestation de légèreté des autorités, l'avocat souligne à l'attention des secrétaires d'Etat qu'ils ne peuvent engager en rien l'Etat haïtien et ne représentent personne d'autre qu'eux-mêmes.
Le Premier ministre Jean-Max Bellerive avait en vain promis la nomination régulière des secrétaires d'Etat. Et depuis, rien n'a été fait. Malgré les vives protestations de plusieurs personnalités, dont le Sénateur Youri Latortue (AAA/Artibonite, nord), sept secrétaires d'Etat continuent à remplir leurs fonctions et à jouir de tous leurs privilèges de dignitaires de l'Etat.
L'actuel gouvernement est en poste depuis le 11 novembre dernier, soit moins de deux semaines après la destitution de la Première ministre Michèle Pierre-Louis par le Sénat, le 30 octobre. spp/Radio Kiskeya
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Accident de la route à Petit-Goâve : cinq morts et sept blessés graves
Cinq personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées, dont sept grièvement, dans un terrible accident de la circulation qui s'est produit vendredi sur la nationale #2 à hauteur de Petit-Goâve (68 km au sud de Port-au-Prince), a constaté le correspondant local de Radio Kiskeya.
Un autobus de passagers dénommé "La foi de Job", qui arrivait de Port-au-Prince à destination des Cayes, a heurté de plein fouet un autre véhicule de transport public "Dieu qui donne", tombé en panne dans un virage à la suite d'une crevaison de pneu.
Ce dernier assurait le trajet Jérémie/Port-au-Prince
Parmi les personnes décédées sur le coup figurent Dieunord Pierre, le chauffeur de "La foi de Job", et des passagers de l'autre autobus qui étaient descendus en attendant la réparation du pneu.
Retrouvé encastré derrière son volant, le corps du conducteur n'a pu être extrait du véhicule que grâce à l'intervention des soldats de la Mission de stabilisation de l'ONU (MINUSTAH).
Les blessés ont été transportés d'urgence à l'hôpital Notre-Dame de Petit-Goâve.
Ceux qui se trouvaient dans un état grave devaient être évacués vers Port-au-Prince.
En 2009, l'insécurité routière, dont les causes sont multiples, a été, selon certaines statistiques, la première cause de mortalité en Haïti. spp/Radio Kiskeya
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Les autorités dominicaines rapatrient 200 illégaux haïtiens
Les autorités dominicaines ont procédé entre le 31 décembre et le 2 janvier au rapatriement d'environ 200 sans-papiers haïtiens arrêtés au cours d'une série d'opérations du Corps spécialisé de sécurité frontalière (CESFRONT) et de l'Armée Nationale dominicaine, selon une dépêche d'EFE.
Les migrants, qui croyaient pouvoir profiter des fêtes de fin d'année pour entrer clandestinement en territoire voisin, ont été interceptés en tentant de traverser la frontière.
Les autorités de Santo Domingo affirment que, ces derniers jours, les forces militaires ont dû redoubler de vigilance à la frontière pour refouler des centaines d'haïtiens qui se ruaient vers le territoire dominicain.
Tous les ans, des milliers de ressortissants haïtiens vivant en situation irrégulière en République Dominicaine retournent dans leur pays pour y passer la noël et le nouvel an en famille.
Selon les autorités militaires dominicaines, lorsque ces migrants tentent de repasser de l'autre côté de la frontière, ils se font toujours accompagner de proches candidats à l'émigration clandestine.
Début décembre, des responsables des forces de sécurité et de la direction de la migration avaient tenu une rencontre avec le prêtre jésuite Regino Martìnez, coordonnateur de l'organisation Solidarité Frontalière à Dajabòn (nord-ouest), afin de coordonner le retour des travailleurs agricoles haïtiens disposant de permis de travail en République Dominicaine.
EFE précise qu'après des heures d'incertitude, les migrants munis de documents légaux avaient été finalement autorisés à traverser en territoire voisin. En revanche, d'autres voyageurs avaient été rapatriés.
Au cours de l'année 2009, le gouvernement dominicain a refoulé en territoire haïtien, et souvent au mépris de leurs droits les plus élémentaires, des milliers de sans-papiers. spp/Radio Kiskeya
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Vendre la Téléco : quelle urgence ? Par Harold Isaac
La Téléco, anciennement fleuron des entreprises d'Etat haïtiennes et maintenant véritable peau de chagrin, est en vente. Le processus d'appel d'offres semble se préciser autour du fournisseur vietnamien Viettel qui propose 59 millions de dollars américain pour une éventuelle acquisition. Que penser d'une telle transaction ?
La compagnie Télécommunications d'Haïti (TELECO) est en apparente décrépitude et n'a pas été en bonne forme depuis au moins deux décennies. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation entre autres les nombreux détournements et vols des avoirs de l'entreprise (revenus et ressources) pour financer des activités politiques aussi bien que pour assouvir des intérêts personnels. Mais la "paupérisation" de l'entreprise s'est accentuée avec les embauches partisanes massives de personnels non-requis et non-qualifiés. En somme, la Téléco a été gangrénée par la corruption.
Il semblerait donc logique de se départir au plus vite de ce boulet désormais encombrant et lui donner une meilleure utilité, mais surtout ramener cette machine sur la voie de la rentabilité. Après tout, l'Etat n'est généralement pas réputé être un bon gestionnaire, du moins par rapport au privé dont le but fondamental est le profit.
Mais voilà, le problème se situe dans le contexte : Haïti. Un pays où l'Etat est une espèce en voie de disparition. Les institutions y sont soit embryonnaires ou atrophiées. La transaction y prend donc une tournure toute politique puisqu'elle ressemble plus à une manoeuvre néo-libérale visant l'atomisation de ce qui reste d'institutions étatiques dans le pays.
C'est là qu'on est en droit de se poser les questions : Pourquoi ? Et pourquoi maintenant ?
Pourquoi ? Parce que la transaction ne rapportera pas des tonnes. Pour un individu 60 millions de dollars peut sembler énorme mais pour un état avec un budget annuel de plus d'un demi-milliard de dollars, c'est tout de même dérisoire.
Quelle est l'urgence de vendre la Téléco surtout lorsqu'il y a déjà trois autres opérateurs qui comble le vide laissé par la société d'État et dont l'absence aurait pu justifier l'empressement de fournir un meilleur service à la communauté.
Dans l'état dans lequel se trouve la compagnie, on peut aussi se demander qu'est-ce qu'elle pourrait avoir de bien séduisant pour un éventuel acquéreur. Après tout l'équipement est probablement désuet et obsolète. Il doit donc s'agir d'autre chose.
Se pourrait-il que l'on soit en train de parler de droits, de monopoles et d'accès privilégiés à des canaux internationaux ? Ceci aurait de toute évidence beaucoup plus de valeur que de pauvres câbles de cuivre.
Si tel serait le cas, cette vente ressemblerait plus à une aubaine, voire un cadeau, pour l'acquéreur et ceux qui tireront leur commission obligatoire au passage.
De plus, la Téléco est, par la force des choses, plus qu'une simple entreprise, mais plutôt un des rares agents de l'Etat, un vague rappel aux citoyens en perte de repères qu'ils font encore partie d'un pays et non pas d'une corporation.
Et si, malgré ces considérations, la vente devait quand même avoir lieu, ne serait-il pas nécessaire de prendre le temps qu'il faut et obtenir l'aval de la population pour qu'elle sache qu'elle vend sciemment des actifs de valeur ?
Enfin, si votre voiture tombe en panne, la vendriez-vous (en tout ou en partie) pour la réparer ?
Harold Isaac
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2010 : Plaidoirie en faveur d'un haïtien régénéré
2010 arrive. Une nouvelle décennie démarre. Mais, que signifie pour nous, Haïtiens, changement d'année, de décennie ou d'époque ?
La question se pose en raison de l'obsédante permanence de nos avatars et de nos travers à travers le temps. Plus le temps passe, plus nous ressemblons à nous-mêmes. Les années passent et l'Haïtien demeure tel qu'il fut, tel qu'il est, dirait-on avec pessimisme.
Si les dirigeants doivent être les premiers à subir les blâmes en raison de leur échec à réaliser les transformations matérielles et morales souhaitées, il n'en demeure pas moins que les Haïtiens de toutes les catégories sociales, d'ici et d'ailleurs, et particulièrement les secteurs organisés de la société civile, ont eux aussi failli dans la dynamique de création d'une véritable alternative à nos modes d'agir et de penser.
Pareille réflexion nous convie à une méditation plus poussée du vieux dicton selon lequel « les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent ». Un dicton qui nous fait prendre la juste mesure de nos errances, de nos manquements et de nos insuffisances, à travers le temps. Si, à travers l'histoire, il y a eu des efforts, dont certains mémorables et douloureux, pour contrecarrer des régimes honnis, il est indéniable que le triomphe, à chaque reprise, de ces derniers a toujours finalement révélé, à tort ou à raison, l'incapacité des forces contraires à empêcher leur enracinement.
Un ensemble de questions se pose alors ayant rapport aux stratégies, au mode d'organisation, à la vision, aux méthodes de lutte, aux modes d'agir et de penser des forces dites anti-dictatoriales, nationalistes, patriotiques, progressistes ou démocratiques, selon l'époque. C'est sans doute ces questions qui préoccupent ceux qui, de divers horizons, appellent aujourd'hui au renouvellement de la classe politique, à la définition d'un nouveau leadership.
Ce renouveau ne se fera cependant pas en 2010, si le « vieil homme » qui sommeille en nous ne meurt pas. Ce « vieil homme » qui n'a jusqu'à présent pas changé avec le temps. Ce « vieil homme » qu'on retrouve malheureusement partout, au pouvoir comme dans la rue, mais beaucoup plus au pouvoir que dans la rue.
Ce « vieil homme » symbolise toutes les tares qui font que nous soyions encore plongés jusqu'au cou dans la fange : refus carabiné de l'Organisation et de l'Institution ; désinvolture, amateurisme, irresponsabilité en tout ; ignorance et mépris des Constitutions et des lois ; méconnaissance des profondes réalités du pays et refus intime d'être Haïtien par le rejet de la culture et de l'identité nationales ; subordination de l'intérêt général aux intérêts particuliers généralement mesquins ; subordination des intérêts du pays à ceux de l'étranger ; esprit de lucre ; corruption ; intolérance ; sectarisme, esprit de clan, clientélisme et népotisme.
Est-ce à dire qu'aucun autre trait ne caractérise l'haïtien, tel que grandeur d'âme, magnanimité, désintéressement, altruisme ? Certes oui, de tels traits existent. Mais, l'on ne saurait dire qu'ils aient été des traits dominants de notre formation sociale autant que de nos citoyens pris individuellement, de 1804 à nos jours.
2010 ne sera pas différent pour Haïti si tout un chacun ne s'attaque à ces tares en lui et chez les autres.
Rompre avec les tares décrites implique aussi qu'on sorte résolument des méandres du discours et qu'on investisse le champ radieux de l'action. Car, on a certes beaucoup parlé de changement, mais il n'arrivera jamais par enchantement. N'a-t-on pas dit avec ironie que « les Haïtiens sont des grands diseurs de tout et des faiseurs de rien » ?
Il doit cependant s'agir d'actions conçues dans le cadre du renouvellement dont il est aujourd'hui question concernant la vision, les stratégies et le leadership. Car, pour des actions, on en a vu qui n'ont jamais abouti aux résultats escomptés.
Ce sont nos souhaits pour 2010, si tant est que le « vieil homme » vous permet de les recevoir et surtout de leur donner suite, en cette année cruciale où le pays devra certainement compter sur des défenseurs aguerris de Constitutions démocratiques et d'élections libres, justes et honnêtes.
Marvel DANDIN
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