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| Le directeur général de la Téléco,
Michel Présumé |
| (Photo: François Louis) |
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Redéfinir
l'orientation de la Téléco
Des centaines d'employés de la Compagnie des Télécommunications
d'Haïti SAM (Téléco) ont commencé, depuis vendredi dernier, à recevoir
leur lettre de licenciement dans le cadre du processus de dégraissage de
la compagnie annoncé tantôt par les autorités. Malgré les escarmouches
et les menaces des employés syndiqués, la phase pratique du processus a
été entamée à la fin de la semaine dernière et s'est poursuivie cette
semaine touchant plus d'un millier d'employés à en croire les propos du
directeur général de la Téléco, Michel Présumé.
« La Téléco a un nombre d'employés qui dépasse de loin ses besoins tant
du point de vue quantitatif que qualitatif. On a un nombre élevé
d'employés et une infime quantité de techniciens qualifiés. Donc, on est
en train de rationaliser le fonctionnement de l'institution afin d'avoir
une allocation plus optimale des ressources humaines» a déclaré le
directeur général de la Téléco, Michel Présumé qui fait remarquer qu'il
est impossible d'arriver au niveau des autres compétiteurs du secteur
avec une telle surcharge.
Aux dires du directeur général de la Téléco, le renvoi des employés ne
s'est pas fait au petit bonheur. « Plusieurs critères ont été pris en
compte pour sélectionner les licenciés, notamment:
-Compétence et qualification.- Beaucoup d'employés de la Téléco n'ont
aucune qualification. Ils y ont été, pour la plupart, parachutés par un
haut placé et ne remplissent aucune fonction que celle de passer
recevoir leur chèque régulièrement ;
- Volonté d'accompagner l'entreprise.- Certains employés ont la
qualification requise mais se sont laissé pris dans l'engrenage de la
sinécure et n'ont jamais voulu travailler au progrès de l'entreprise.
Aujourd'hui, ils sont parmi ceux qui font obstacle à toute idée de
changement ;
- Honnêteté.- Beaucoup de gens ne font preuve de sérieux au sein de la
Téléco. Ils rançonnent les abonnés pour faire une réparation, installer
un téléphone. Il y en a qui rançonnent également les fournisseurs pour
avoir certains pourcentages, libérer leur chèque, etc.
Ainsi, malgré toutes nos faiblesses, nous avons été forcés de nous
séparer de ces employés de façon à avoir une structure et un niveau de
personnels qui répondent mieux et que nous pouvons mettre à niveau par
des séances de formation pour permettre à l'entreprise d'avancer. »
Entre 800 et 1200 employés pour la Téléco
Les Télécommunications d'Haïti traînent comme un boulet le poids de ses
3500 employés (pour 150 mille abonnés. Selon les autorités, cela fait
beaucoup trop par rapport aux compagnies privées de la place qui, avec
un nombre très réduit d'employés, desservent une large clientèle.
C'est pourquoi, dans le plan de restructuration élaboré par l'actuel
conseil d'administration de la Téléco, il est prévu un allègement
considérable du personnel de cette institution. Continuer
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« Compte tenu de la technologie que
nous utilisons et de l'état de notre système, le niveau qui répond à nos
besoins doit se retrouver entre 800 et 1200 employés. « Car si la Téléco
doit être fonctionnelle, efficiente, rentable, il est évident qu'elle ne
pourra pas continuer à fonctionner avec un nombre pléthorique d'employés
», estime Michel Présumé qui exprime la volonté de la compagnie de
garder les employés les plus qualifiés et de pouvoir leur offrir un
traitement meilleur que celui qu'ils bénéficient aujourd'hui en termes
de revenu et de garantie.
Après les licenciements, le cap sera mis sur la restructuration interne
de la Téléco qui permettra définitivement à l'institution d'être plus
proche de la clientèle, d'être en mesure de moderniser les
infrastructures de la Téléco. La troisième étape consistera à
réhabiliter le réseau pour mieux répondre à la demande, avoir un
meilleur système de recouvrement.
A quand la privatisation effective de l'institution
Répondant aux inquiétudes de ceux qui accusent les dirigeants de vouloir
liquider la Téléco et plonger davantage le pays dans le chômage, M.
Présumé fait remarquer: « Nous ne sommes pas là pour brader l'entreprise,
mais plutôt pour lui donner un nouveau souffle et lui permettre de
répondre à sa mission de service public. »
Actuellement, la Téléco est en si mauvais état que la mettre aujourd'hui
sur le marché ne garantirait pas à l'Etat le niveau d'investissement
espéré, ni le niveau de bénéfice lui permettant de jouir convenablement
des retombées de la modernisation, a laissé entendre le responsable de
la Téléco qui croit qu'après les travaux de réhabilitation de
l'institution, le processus de privatisation va être enclenché
immédiatement.
C'est un processus qui prendra moins de deux ans pour être effectif,
précise M. Présumé qui croit qu'il est encore trop tôt pour déterminer
qui, à côté de l'Etat, vont être les potentiels acquéreurs de
l'entreprise. Tout en admettant que la privatisation n'est pas une
panacée par elle-même, Michel Présumé reconnaît que tout ce qu'on fait
dans le pays peut contribuer à son développement, si on le fait bien.
Les frais de dédommagement
Pour la plupart des employés renvoyés, les 12 mois de salaire accordés
comme dédommagement aux licenciés ne correspondent pas aux coûts réels
de la révocation compte tenu du coût de la vie. A ce sujet, Michel
Présumé, soutient que dans tous les pays du monde, renvoyer quelqu'un a
toujours été un problème.
Faisant intervenir le mot du droit, il avance que la Téléco est une
entreprise en faillite. Pour régler ces dédommagements, le pays a
consenti des dettes. Une telle institution peut renvoyer les employés
dont elle ne peut pas supporter le poids. Toujours selon les prescrits
de la loi, même en cas de licenciement massif, le dédommagement maximum
est de 12 mois de salaire plus les prestations légales (boni, le préavis,
le congé). Tout cela peut ne pas être suffisant.
Mais, même si on avait accordé 100 mois, on trouverait encore des gens à
se plaindre, a fait valoir Michel Présumé. Pour ce processus de
licenciement, il y a des gens qui ont laissé respectivement la Téléco
avec des montants de l'ordre de 1 million de gourdes, 700 mille gourdes,
500 mille gourdes, 100 mille et 50 mille gourdes etc. Certains d'entre
eux peuvent se mettre ensemble pour monter une entreprise, a conseillé
le directeur général soulignant que ce n'est pas de gaieté de coeur
qu'il a recouru aux licenciements.
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