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Le difficile
pari de la Mairie
En dépit du « revers » essuyé dans
l'affaire du « Marché de la Cathédrale », la Mairie entend revenir à la
charge et relever le difficile pari de l'assainissement de la capitale..
A la rue Dr Aubry, les marchands
retardataires s'affairent à la construction de nouveaux tréteaux tandis
que d'autres se sont déjà réinstallés. Dégoulinant de sueur, un marteau
à la main, l'un d'eux indique : « le président René Préval a entendu les
cris des marchands».
« Samedi, lors d'une réunion, le Président a dit que l'on pouvait rester
là en attendant qu'on nous trouve un autre endroit », poursuit-t-il d'un
ton ironique à l'égard du maire de la capitale pointé du doigt dans
l'incendie du marché de la Cathédrale dans la nuit du 1er au 2 juillet
2007.
Un maire qui, moins de quarante huit heures après les événements, avait
décliné toute responsabilité dans ce sinistre. Un acte, selon lui,
indigne d'un maire et de nature à créer l'insécurité.
Muscadin Jean-Yves Jason, qui avait annoncé l'ouverture d'une enquête
afin de fixer les responsabilités dans cette affaire, avait également
fait part de sa détermination à poursuivre les opérations
d'assainissement de la capitale qui compte 100.000 marchands de rue et
35 quartiers.
Depuis quelques jours, on constate en revanche le retour sur la voie
publique de marchands déplacés. « C'est le cas au Champ de Mars, à la
rue Pavée notamment », explique un habitant de Port-au-Prince qui
déplore l'intervention innoportune du président René Préval dans la
gestion du dossier du « Marché de la Cathédrale ».
« Le président Préval a affaibli le maire dans son action »,
enchaîne-t-il en évoquant les frictions ayant déjà existé par le passé
entre le premier citoyen de la République et celui de la capitale.
Loin de se laisser abattre dans sa difficile et délicate mission, le
maire entend poursuivre avec les opérations, confie un fonctionnaire de
la Mairie de Port-au-Prince lors d'un entretien accordé à une radio de
la capitale.
« Les petits commerçants peuvent revenir dans les rues, mais ils seront
toujours pourchassés par les agents de la mairie », prévient-il tout en
réclamant la collaboration de l'Exécutif.
En attendant, Port-au-Prince, vieille de 258 ans, se cherche sous les
amas de détritus, conséquence de la mauvaise gouvernance, du
laisser-aller..., ayant marqué ces 20 dernières années...
Et le pari semble être de plus en plus difficile.
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