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Même les fenêtres sont occupées par les détenus
(Photo: RNDDH)
 
Des hamacs de fortune confectionnés avec des draps
(Photo: RNDDH)
 
 

Les détenus paient un lourd tribut
 

Près de 3000 détenus croupissent aujourd'hui dans les cellules «surencombrées » du Pénitencier national. Leurs mauvaises conditions de détention suscitent l'indignation des organismes de défense des droits humains nationaux et internationaux.

Trouver un endroit où dormir dans le plus grand centre de détention du pays est un véritable exploit. Malgré la construction de nouvelles cellules récemment, la situation est loin d'être améliorée. « Certains prisonniers se relayent pour dormir », constate Marie Yolène Gilles du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Certains confectionnent des hamacs de fortune avec des draps à l'intérieur même des cellules. N'importe quel endroit est bon pour dormir: le sol, les fenêtres, etc.

La promiscuité dans laquelle vivent les détenus au Pénitencier national a de graves conséquences sur leur santé. Douze cas de tuberculose sont recensés, dont quatre sont en train d'être traités au Sanatorium. D'autres maladies comme la gale, la grippe y sont très courantes. Même les gardiens ne sont pas épargnés. De février à nos jours, l'état lamentable de la prison a déjà coûté la vie à une douzaine de détenus.

Cette situation inhumaine fait aussi augmenter les cas de violence au Pénitencier national appelé également Prison civile de Port-au-Prince. « Les nouveaux arrivés sont souvent battus par les anciens prisonniers », déplore Marie Yolène Gilles. Oléon Gedercier est la dernière victime recensée. Arrivé dans sa cellule le 26 juin dernier, il a été poignardé deux jours plus tard par deux détenus venus de Cité Soleil. Actuellement, il reçoit les soins que nécessite son cas.

Au cours de son dernier monitoring, les responsables du RNDDH ont fait le triste constat de la montée de la pratique de torture dans certains centres de détention dont ceux de Carrefour, de Saint-Marc, de Mirebalais, de Jérémie et du Pénitencier national.

Il n'y a pas que le RNDDH qui se sent alarmé par la situation des prisons haïtiennes. Au terme d'une visite de 72 heures dans le pays à la fin du mois de juin, le président de la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) et rapporteur sur les droits des personnes privées de liberté dans les Amériques, le Commissaire Florentín Meléndez avait lancé un cri d'alarme en faveur des personnes incarcérées dans les prisons haïtiennes. Il avait aussi dénoncé la précarité absolue des conditions sanitaires et de logement ainsi que l'état de détérioration des installations des prisons.

Lors de la 5e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Haïti, Louis Joinet, avait attiré l'attention de la communauté internationale sur l'état déplorable des centres carcéraux en Haïti. Il avait même présenté la construction d'une nouvelle prison comme une priorité.

Construite pour accueillir un millier de prisonniers, la prison civile de Port-au-Prince compte actuellement presque le triple. La grande majorité est en détention préventive prolongée. Jusqu'à la semaine écoulée, seulement 89 d'entre eux, soit 3.01%, étaient condamnés. Une dizaine parmi eux seraient âgés de plus 60 ans. Le plus âgé aurait atteint déjà 95 ans. Les responsables

 

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Last updated: 07/27/07.